Discours de Monsieur Jean-Marc Delizée

Mon Général, Mon Colonel,

Mesdames, Messieurs, en vos titres et qualités,

 

En tout premier lieu, je voudrais remercier Monsieur le Chef de Corps, Monsieur le Colonel Didier Palomé, ainsi que l’ensemble du personnel de la Base Offenberg, non seulement pour l’organisation de cette cérémonie annuelle mais aussi et surtout pour tout le travail réalisé au quotidien sur ce site de la force aérienne de Florennes.

 

Les liens entre la base aérienne de Florennes et le Communes voisines sont historiques ; ils sont étroits, nombreux et variés.

 

Je crois pouvoir m’exprimer également au nom de mes collègues Bourgmestres et mandataires communaux pour dire notre attachement à l’existence et à la pérennité de cette base de la force aérienne belge.

 

J’en veux pour preuve la mobilisation spontanée des élus locaux lorsque la pérennité de cette base aérienne a été menacée.

 

La première raison de cette vigilance est d’ordre économique : la Base Offenberg est un acteur économique majeur dans notre région ; elle est un employeur « près de chez nous » de quelque 1400 travailleurs du service public de la Défense et a aussi un impact favorable sur l’emploi indirect.

 

Cela dit, les liens sont aussi d’une autre nature. Ce sont les liens humains qui ont été tissés et entretenus au fil du temps par les différents Commandants et par le personnel de cette base avec les Communes et la société civile.

 

Dans certains cas, ces liens ont donné lieu à des parrainages par certaines Communes (10) avec une escadrille ou un groupe de vol.

 

Un parrainage, c’est un acte symbolique. C’est un peu comme une famille qui accueillie un nouveau membre. C’est une promesse d’affection et de protection.

 

Un parrainage, c’est aussi une manière de mettre à l’honneur nos militaires, « notre » base aérienne de Florennes et, ce faisant, tout le savoir-faire aéronautique de ce pays.

 

La Défense est un partenaire régulier des Communes. A ce sujet, je veux commencer par saluer et remercier la Musique Royale de la Force aérienne dont les concerts sont toujours très appréciés dans nos Communes. 

 

Même si les moyens et les règles ont évolué ces dernières années, notre Défense nationale effectue des prestations pour les Communes et pour les associations.

 

Un domaine de prédilection est le soutien aux manifestations commémoratives des deux guerres mondiales.

 

Un très bel exemple de partenariat de grande ampleur a été ce formidable spectacle théâtral, musical et pyrotechnique organisé par les centres culturels de Walcourt, Florennes et Gerpinnes, qui a été présenté au public en 2014 dans les installations de cette base, à l’occasion du Centenaire de 14-18. Sans l’infrastructure et l’aide logistique de l’Armée, la réalisation de ces spectacles eût été très difficile voire impossible. Et il me revient qu’un partenariat similaire verra le jour en 2018 à l’occasion du centenaire de l’Armistice.

 

Le personnel de la Base de Florennes comme celui de la Défense, en général, a participé à de multiples cérémonies du souvenir.

 

Je voudrais profiter de l’occasion pour rappeler que le travail mémoriel est essentiel pour la démocratie. Il nourrit la connaissance de notre passé, des souffrances de nos aînés ainsi que les questionnements quant aux causes des conflits et des erreurs commises.

 

Plusieurs de nos Communes se sont déclarées « territoires de mémoire ». Cela veut dire, territoires où on ne veut pas oublier ; territoires où l’on veut réfléchir aux faiblesses d’hier et aux dangers d’aujourd’hui. Le devoir mémoire n’est pas une démarche passéiste mais, au contraire, une démarche très actuelle car le monde change et les menaces aussi.

 

Au registre du travail mémoriel mené à Viroinval, je voudrais vous raconter l’histoire du Short Stirling BP513 de la Royal Air Force.

 

Un  Stirling était un bombardier britannique dont il n’existe plus aucun exemplaire aujourd’hui. Dans ma Commune, à Viroinval, des aînés avaient le souvenir d’un avion tombé dans la forêt de Nismes au printemps 1943. C’était à peu près tout.  

 

Nous avons demandé à un passionné d’aviation, Mr Guy Lapaille, par ailleurs notre ancien secrétaire communal retraité, d’effectuer des recherches sur l’histoire de cet avion et de ces aviateurs. Notre historien local a recherché, récolté, remué ciel et terre, (au sens propre et figuré), retrouvé d’anciens obus non explosés, contacté les familles, sympathisés avec des Anciens et… a TOUT retrouvé.

 

L’avion fut abattu la nuit le 15 avril 1943, de retour de mission en Allemagne. A son bord, sept aviateurs, quatre britanniques et 3 Néo-Zélandais. Aucun rescapé.

 

Personne ne connaissait leur histoire ; pas même leurs familles respectives. Ils reposent au cimetière militaire du Commonwealth à Florennes mais étaient tombés dans un total anonymat pendant 72 ans.

 

Le 8 mai 2015, pour le 70ème anniversaire de la Libération, une cérémonie commémorative a été organisée sur place, avec la collaboration du 2ème Wing Tactique et un hommage a été rendu aux 7 aviateurs en présence d’une partie de leurs familles.

 

Je peux vous dire que parmi celles-ci, l’émotion était à son comble…

 

Le 15 avril 2018, ce sera le 75ème anniversaire de ce crash aérien et, pour la circonstance, les sept familles seront présentes pour une seconde cérémonie du souvenir.

 

Cet épisode de la guerre est en lien direct avec la base de Florennes. Car l’histoire de ce Short Stirling BF513 a été intimement liée à la mise en service par l’armée allemande d’un aéroport militaire ayant pour objectif de fermer un couloir aérien utilisé par les alliés au-dessus de la Belgique pour les sites stratégiques allemands.

 

Cette base allemande a été opérationnelle le 11 avril 1943, soit 4 jours avant le crash du Stirling. Depuis sa mise en service le 11 avril 1943, jusqu’au 13 août 1944, pas moins de 168 avions alliés ont été abattus au départ de la chasse allemande de Florennes.

 

Cette histoire a amené la Maison du Tourisme des Eaux Vives a éditer une carte de Tourisme Mémoriel qui répertorie les liens de mémoire de la Seconde Guerre Mondiale dans les sept Communes de l’Arrondissement de Philippeville.

 

Il y a, à mon sens, deux sites majeurs de mémoire dans notre région : le site historique de Brûly-de-Pesche et le Musée du Spitfire, ici sur cette base aérienne.

 

J’ajoute que, dans ce travail de mémoire, en parallèle à la carte du circuit mémoriel, le Centre Culturel Régional Action Sud effectue un travail de recherche considérable, en vue de publier un ouvrage de référence sur la Seconde Guerre mondiale dans l’Arrondissement de Philippeville.

 

Ce travail de recherche est tellement conséquent que la publication a déjà été reportée à plusieurs reprises.

 

La publication de cet ouvrage est certaine, mais la date est inconnue.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Par votre présence aux Fastes de la Base Offenberg, vous honorez le travail de nos militaires, au service de la Nation.

 

Je réitère mes chaleureuses félicitations à tout le personnel et au Commandant de base afin que celle-ci reste ouverte au partenariat avec nos Communes et avec la société civile.

 

Longue vie à la Base Offenberg de Florennes !

 

Jean-Marc DELIZEE

Député-Bourgmestre de Viroinval