Les Fastes, c'est toute une histoire...

Le dictionnaire Larousse définit la signification du mot fastes (nom masculin pluriel) comme « un ensemble d’événements mémorables conservés dans la mémoire historique d’un pays, d’une institution ». Le rituel des fastes est un événement important qui rythme la vie d’une unité. Les fastes se répètent tous les ans et ont parfois pris des dimensions considérables. Au fil des dernières années, on doit cependant constater que, s’ils sont toujours célébrés, les fastes ont fortement diminué en ampleur.

 

L’origine de ces fastes est mal connue. Ce bref rappel historique décrit les années charnières qui ont conduit aux fastes tels que nous les connaissons aujourd’hui.

 

La Force Aérienne.

 

Chaque année depuis 1948, la Force Aérienne commémore en octobre les faits d’armes de ses escadrilles qui prirent une part glorieuse aux campagnes de 1914-1918 et de 1940-1945. Le 14 octobre de cette année-là, un défilé aérien est organisé pour célébrer le deuxième anniversaire de la naissance de l’Aviation Militaire Belge autonome. Les dix-sept Spitfire à l’inventaire du 2ème Wing de Chasse y participent et survolent de manière impeccable la tribune dressée sur l’esplanade du Cinquantenaire qui a été généreusement décorée de drapeaux aux couleurs nationales et aux couleurs de l’Aviation Militaire. Il en sera de même les années suivantes.

 

Le 13 octobre 1951, seize Thunderjet sous le commandement du Major aviateur Raymond Lallemant s’envolent pour défiler au-dessus du Monument aux Aviateurs à Bruxelles. C’est la première participation des F-84E à ce défilé.

 

En octobre 1953, une nouvelle instruction élargit le domaine et stipule qu’à l’avenir, une parade doit être organisée dans toutes les unités appartenant à l’aviation le jour des fastes de la Force Aérienne.  Ces fastes sont fêtés le mardi 27 octobre 1953. Une prise d’armes est organisée sur la base à laquelle participent obligatoirement tous les militaires du Wing à l’exception de ceux qui sont indispensables à la bonne marche des services.  Au cours de son allocution, le Chef de Corps rappelle brièvement les origines de cette fête ainsi que les faits marquants réalisés par des membres de la Force Aérienne lors des derniers conflits. Suivent alors les prestations de serment et les remises de distinctions honorifiques. Un repas spécial est servi au personnel et l’après-midi est consacré à des compétitions sportives. Ce schéma sera suivi pendant les quelques années suivantes.

 

Les escadrilles de vol

 

Les 1ère et 2ème Escadrilles ont été choisies pour reprendre les insignes et les traditions des deux escadrilles qui formèrent, pendant la première guerre mondiale, le premier groupe de chasse de notre aviation militaire.

 

A partir de 1951, les deux escadrilles de Florennes ont leur propre fête d’escadrille. Il a été décidé : que la 2ème Escadrille fêterait en mars le souvenir de la création de la 5ème Escadrille qui eut lieu le 18 mars 1917, l’insigne de la comète passant par après de cette 5ème Escadrille à la 10ème puis à la 1ère jusqu’au second conflit mondial. que la 1ère Escadrille commémorerait en avril le jour où l’équipage formé par le Capitaine Jaquet et le Lieutenant Vindevoghel volant sur un monoplan Blériot et armé seulement d’une carabine à répétition, remportait la première victoire belge le 17 avril 1915.

 

La 3ème célèbre quant à elle  l’anniversaire de sa création en janvier 1950. Pourquoi cette escadrille n’a-t-elle pas suivi le même parcours que les deux autres ? Mystère. L’explication est peut-être à rechercher dans l’origine des escadrilles. Les deux premières sont dès leur naissance des escadrilles de chasse tandis que la 3ème a repris l’insigne et les traditions d’une escadrille d’observation ce qui s’inscrit plus difficilement dans l’esprit d’un Wing de Chasse.

 

Ces fêtes sont toujours rehaussées par la présence des plus hautes autorités de la Force Aérienne et d’anciens ayant participé aux deux conflits mondiaux. C’est l’occasion d’une parade au cours de laquelle le CO retrace l’histoire de l’escadrille, rappelle les faits d’armes les plus marquants et annonce les grandes lignes de l’année suivante. Après la partie officielle, tous les participants se retrouvent au mess des sous-officiers pour partager ensemble, sans distinction de grade ou de fonction, un délicieux festin souvent généreusement arrosé. C’est l’occasion pour le personnel de l’escadrille de se retrouver dans une ambiance plus décontractée et de vivre un bon moment en oubliant pour quelques heures les rigueurs de la vie militaire.

 

En avril 1952, le Général  Leboutte qui assiste à la fête de la 1ère Escadrille prononce un discours dans lequel il demande de considérer la date de la fête de la 1ère Escadrille comme la date des fastes du 2ème Wing Tactique.  Cette demande n’aura pas de suite immédiate mais la fête de la 1ère Escadrille revêtira toujours une ampleur supérieure à celle de la 2ème.

 

Les escadrilles ont célébré pour la dernière fois leur fête en 1956. Celle-ci fut sans doute victime de la création des fastes du Wing.

 

La première edition en 1956

 

Le Wing organise pour la première fois ses propres fastes en août 1956. Le mois d’août fait le lien avec le mois d’août 1947 qui a vu la naissance de la base de Florennes sous les couleurs belges.  « …le 2ème Wing de Chasseurs-Bombardiers célèbre pour la première fois dans l’histoire de l’arme ses propres fastes… » sont les mots que le Chef de Corps prononcés au début de son discours. Il poursuit en remémorant à l’assistance les exploits des Chardons et des Comètes pendant le premier conflit mondial et rappelle le nom des acteurs principaux : Coppens de Houthulst, Thieffry, de Meulemeester, Jacquet, Olieslagers, … En ce qui concerne 1940-1945, il retrace la campagne des 18 jours et le rôle joué par l’aviation militaire ainsi que la participation au combat des équipages belges de la Bataille d’Angleterre à la victoire finale. Enfin, il décrit brièvement la carrière de Jean Offenberg dont le 2ème Wing porte aujourd’hui le nom. A partir de 1956, les fastes donneront toujours lieu à des démonstrations

en vol l’après-midi.

 

Les fastes de 1957 célébrés à l’occasion du 10ème anniversaire de la création de la base revêtiront une ampleur tout particulière. Ils se dérouleront en présence d’un nombreux public civil et seront agrémentés, au cours de l’après-midi, par de nombreuses démonstrations en vol. Au fil des ans, de véritables meeting aériens seront organisés les après-midi des fastes.

 

De 1960 à 1964, les fastes auront lieu soit en juin soit en septembre et c’est à partir de 1964 que cette cérémonie glissera vers le mois d’octobre.

 

Les fastes se déroulent souvent sur la base, en général dans la zone de Juzaine, là où se trouvent les nouveaux hangars et dispersal des 1ère et 2ème Escadrilles mais en 1961, 1962 et 1967, les fastes se déplaceront vers la ville de Florennes dans le parc des ducs ou sur la Place Verte.

 

Un seul et même objectif...

 

Toutes ces fêtes poursuivent le même but : rappeler la conduite héroïque des anciens dans les deux guerres mondiales mais aussi, plus largement, dans tous les conflits auxquels les membres du personnel de l’unité participent ou ont participé. C’est également l’occasion de se souvenir de tous ceux qui ont servi le 2ème Wing et qui, parfois, ont fait don de leur vie.